Rencontre avec Bpifrance : au cœur de l’accompagnement de l’innovation

Acteur clé de l’écosystème entrepreneurial et innovation, Bpifrance soutient les porteurs de projets innovants à chaque étape, de l’idée à la concrétisation. En Nouvelle-Aquitaine, leurs équipes travaillent main dans la main avec des structures comme Transtech, pour accompagner au plus près les créateurs et créatrices d’entreprises.

Dans cette interview croisée, Natalia Araujo, Déléguée régionale Innovation, et Guillaume Provost, Responsable Création et Entrepreneuriat Nouvelle-Aquitaine, reviennent sur les synergies entre Bpifrance et Transtech, les dispositifs phares comme la PTI ou le Diag Design, et les leviers de financement accessibles aux primo-innovateurs.

 

Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer vos rôles au sein de Bpifrance ?

 

 

Natalia Araujo : Je suis déléguée régionale Innovation pour les sites de Bordeaux et de Pau. J’anime une équipe de sept personnes, toutes expertes sectorielles, qui accompagnent des entreprises innovantes de toutes tailles, quel que soit leur stade de développement ou leur domaine d’activité.

Nous sommes au plus près des territoires et travaillons main dans la main avec les équipes Bpifrance en charge de la création d’entreprise.

 

 

 

 

 

Guillaume Provost : Je suis basé à Bordeaux mais j’interviens sur toute la région Nouvelle-Aquitaine. Ma mission principale est de promouvoir l’accompagnement des porteurs de projet.

C’est un enjeu essentiel : 80 % des porteurs accompagnés sont encore en activité trois ans après leur lancement, contre seulement 50 % sans accompagnement. Je m’occupe également des prêts d’honneur, Solidaires, CréationReprise, Quartiers, et de dispositifs en lien avec les réseaux partenaires comme Initiative France, France Active, Réseau Entreprendre.

 

 

 

Concrètement, quels sont les dispositifs proposés par Bpifrance pour les entrepreneurs innovants ?

Natalia : Bpifrance dispose d’une large gamme d’outils, allant des garanties de prêts bancaires aux aides directes. Pour l’innovation, nous distinguons trois grandes familles :

  • Les aides d’État, pour financer la R&D, y compris en phase très amont ;
  • Les outils de financement bancaires, souvent utilisés pour faire effet de levier avec d’autres financements pour des levées de fond ;
  • Les outils de quasi-fonds propres.

Nous intervenons aussi avec des aides spécifiques pour les primo-innovateurs, comme la PTI (Prestation Tremplins Innovation/Diag Axe Innovation), en lien avec la Région Nouvelle-Aquitaine, dont Transtech est prescripteur.

Pouvez-vous nous présenter la PTI plus en détail ?

Natalia : Bien sûr. La PTI permet de financer une étude de faisabilité d’un projet innovant, réalisée par un sous-traitant. Cela peut concerner la technologie, la propriété intellectuelle, la fabrication ou encore la validation marché. Le dispositif couvre 50 % d’une prestation jusqu’à 13 000€ HT.

Elle s’adresse aux entreprises ou porteurs de projet pour qui l’innovation est une première. L’objectif est de dérisquer au maximum le projet, en posant très tôt les bonnes questions : suis-je en mesure de développer mon produit ? Est-il protégé ? Quel est le bon business model ? etc.

Est-ce que Transtech peut prescrire une PTI ?

Natalia : Oui, Transtech fait partie des prescripteurs habilités. Ce partenariat est précieux, car Transtech joue un rôle clé dans la montée en compétence des porteurs et l’identification de leur potentiel d’innovation. L’accompagnement permet d’aborder les bons sujets au bon moment. Une stratégie bien structurée, c’est aussi ce que recherchent les financeurs.

Et en ce qui concerne les prêts à la personne ou aux TPE, que propose Bpifrance ?

Guillaume : Nous travaillons avec les réseaux d’accompagnement comme Initiative France, Réseau Entreprendre ou France Active. Ces structures peuvent accorder des prêts d’honneur à taux zéro aux personnes physiques porteuses d’un projet. Bpifrance leur met à disposition des enveloppes spécifiques.

Ces prêts viennent souvent compléter l’apport personnel du porteur et renforcer ses fonds propres. C’est une étape cruciale pour crédibiliser un projet et accéder à d’autres financements, bancaires ou publics.

siège bpifrance partenaire de transtech

Quand on est seul avec un projet innovant, vers quelle solution de financement vaut-il mieux se tourner ?

Guillaume : La première étape, c’est vraiment de se rapprocher d’un incubateur. Chez Bpifrance, les aides et dispositifs de financement s’adressent uniquement à des structures juridiquement créées. Avant cela, en complément, des prêts d’honneur à la personne peuvent être mobilisés pour renforcer les fonds propres. Mais pour un projet innovant, l’accompagnement par un incubateur est quasiment incontournable : il permet de structurer le projet, de le crédibiliser, et de préparer efficacement l’accès aux financements.

Natalia : Il est judicieux de solliciter des structures telles que Transtech ou des incubateurs le plus tôt possible dans son parcours. Être bien entouré permet de gagner du temps, de la clarté, et d’éviter les erreurs. Les incubateurs sont les mieux placés pour orienter vers les bons outils en fonction des besoins. Transtech a par exemple une vraie expertise sur les projets très en amont, notamment technologiques ou industriels. Seulement ensuite, le porteur de projet pourra être orienté vers les meilleures solutions de financement en fonction de ses besoins et de sa typologie.

bpifrance au salon i'nov pro

Bpifrance propose également le Diag Design. Qu’est-ce que c’est et en quoi peut-il être utile à un porteur de projet ?

Natalia : Le Diag Design entre dans la famille des diagnostics, ayant pour but de financer un prestataire pour cette mission d’évaluation. C’est un diagnostic financé à 50% par Bpifrance, qui permet de travailler sur le design produit ou design de service. Il est réalisé par un expert agréé et peut concerner l’ergonomie, l’expérience utilisateur, la production, ou la stratégie d’usage.

Au-delà de l’aspect visuel, le Diag Design est particulièrement utile pour un produit ou un service numérique, par exemple : réaliser un état des lieux et s’assurer que ce que l’on conçoit sera utilisable, fabricable, et bien positionné.

Que recommandez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer avec un projet innovant ?

Natalia : Mon conseil, valable au lancement comme tout au long du projet, c’est de toujours penser à son interlocuteur. Quand on présente son idée, il faut se demander quelles sont les questions que la personne en face se pose, et y répondre en priorité. On a parfois envie de tout dire, surtout ce qu’on maîtrise le mieux, mais ce n’est pas toujours ce qui intéresse l’autre. Il faut savoir s’adapter, et avoir l’humilité de reconnaître quand on n’a pas encore toutes les réponses. C’est souvent le point de départ pour progresser.

Guillaume : Ne pas hésiter à pousser la porte des réseaux d’accompagnement pour parler de son projet. On a souvent l’habitude d’en discuter avec ses proches, mais ce ne sont pas des professionnels de la création d’entreprise. Or, un projet, ce n’est jamais parfait dès le départ : il faut le faire mûrir, l’ajuster. Les structures d’accompagnement sont là pour ça. Et même si ce n’est pas le bon interlocuteur dès le début, il saura vous orienter vers la bonne personne.

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