Spécialisée dans la prestation de solution industrielle complète pour les projets, qu’ils soient innovants ou récurrents, QoCreators propose aux entreprises, start-ups, et inventeurs un accompagnement pour concrétiser leurs innovations en mettant à disposition des moyens de conception et de production par le biais de processus industriels à la pointe de la technologie.
Léa de Transtech est allée à la rencontre de Coralie Gigounoux, Account Manager Product Development chez QoCreators, pour vous emmener dans son univers.

Léa de Transtech : Coralie, merci d’accorder cette interview à Transtech. Tu es Account Manager chez QoCreators, est-ce que tu peux nous décrire en quelques phrases ce que cela signifie, ce que tu fais au quotidien et les services proposés par QoCreators ?
Coralie (QoCreators): Effectivement, je suis Account Manager – Product Development à QoCreators . Dans le cadre de ma fonction, je suis apporteuse de solution industrielle.
Cela veut dire que je m’occupe de mes clients pour leurs projets de production industrielle des produits hardware, de A à Z. Je les accompagne pour faire en sorte que leur invention puisse être réalisée telle qu’ils le souhaitent.
Cela passe par plusieurs étapes :
Léa : Qu’importe le domaine dans lequel on souhaite fabriquer on peut faire appel à vos services ?
Coralie : On peut faire appel à nous dans tout ce qui est plasturgie et transformation des métaux. C’est ce que nous appelons hardware, fait en tout type de plastique et tout type de métaux. Par contre nous ne réalisons pas de fabrication ou de production pour tout ce qui est électronique, sellerie, vêtements, ou autre textile. Cependant, si un porteur d’innovation a besoin par exemple d’un sous-traitant dans l’électronique, nous pouvons le mettre en relation avec des spécialistes et combiner le résultat.
Léa : D’accord, donc vous avez des contacts et des partenaires vers qui vous vous tournez ?
Coralie : Oui, voilà. Que ce soit sur nos sites de production à Shanghai, en Chine ou à Ningbo, ou d’autres partenaires que je connais qui se trouvent en France, selon les quantités.

Léa : Quel a été ton parcours personnel pour arriver à ce poste, chez QoCreators ?
Coralie : Je travaille depuis 9 ans à QoCreators. Au début, je fonctionnais en tant que Customer Service Représentative, où je m’occupais surtout de faire le suivi des commandes. Au bout de quelques semaines, certains nouveaux projets sont arrivés et je me suis passionnée pour le développement des nouveaux projets. J’ai trouvé ça vraiment fantastique de pouvoir accompagner des entreprises qui innovaient.
J’ai moi-même un parcours plutôt dans le marketing et la communication (j’ai fait un BTS à Libourne) – d’où ma fonction dans le Customer Service. Mais dès que je suis rentrée dans le domaine du développement de projets, j’ai trouvé vraiment intéressant de pouvoir faire en sorte que l’innovation devienne réalité à travers des plans et la validation de la faisabilité. Petit à petit, je me suis formée au fur et à mesure des projets et j’ai évolué dans ma fonction pour devenir donc Account Manager Product Development aujourd’hui.
Léa : Toi, dans tout ça, que préfères-tu dans ton métier ? C’est rencontrer des personnes ? C’est voir un nouveau projet à chaque fois ?
Coralie : C’est ça. Une des parties la plus intéressante dans ma fonction est de rencontrer des porteurs de projets, des innovateurs, de comprendre comment ils sont arrivés à cette idée, leur parcours, leur histoire, le pourquoi de leur innovation, et voir ensemble comment la réaliser. Car en général, les innovations sont là pour aider d’autres personnes dans le monde, changer des vies.
J’aime passer par chaque étape, réaliser l’invention, la faire fabriquer et ensuite voir le résultat dans les mains du porteur de projet. C’est aussi intéressant de comprendre pourquoi des produits que nous utilisons tous les jours ont tel ou tel coût. J’aime aussi grandement ce côté technique.
Léa : Comme tu disais, tu rencontres les porteurs de projets, mais de ce que j’ai compris, tu es souvent en déplacement professionnel. Vas-tu vraiment à la rencontre de chaque partie prenante d’un projet ?
Coralie : En général oui, j’essaie de me déplacer dans l’entreprise du porteur de projet. Alors quand ce sont des start-up, comme les entreprises qui sont accompagnées par Transtech, je les rencontre souvent déjà à I’NOV PRO ou pendant les sessions de comités partenaires (Transtech). Mais quand une entreprise commence à avoir un peu plus de volume, je me déplace sur leur site de production pour voir le cadre dans lequel ils travaillent, savoir comment ils fonctionnent, découvrir les lignes d’assemblage, rencontrer les équipes. Cela permet de comprendre encore mieux le produit, et surtout la qualité recherchée.
En effet, un niveau de qualité implique toujours un certain coût. Se déplacer sur le site de l’entreprise permet vraiment de mieux comprendre les besoins, et le fait de discuter avec toutes les équipes permet de mettre un visage sur les interlocuteurs, pour eux comme pour moi.
Léa : Revenons sur une question fréquemment posée : En quoi est-il judicieux quand on est porteur de projet de venir vous solliciter le plus tôt possible ?
Coralie : C’est judicieux de contacter les sous-traitants industriels comme QoCreators, le plus tôt possible, pour se donner une idée du budget et se rendre compte de la faisabilité ou non-faisabilité industrielle. Quand je dis de « façon industrielle », j’entends en plus grande quantité qu’en prototypage ou en impression 3D. Car l’impression 3D peut répondre à un besoin mais elle a quand même des limites. Alors qu’en façon industrielle, on peut parler de 500 pièces par exemple, en fonction du design.
Rencontrer le sous-traitant industriel dès le départ permet déjà d’alerter le porteur de projet sur ses choix en fonction de ses contraintes. On peut l’accompagner dès le début, pour simplifier ou changer certains aspects de son projet, et ce dès l’étape de prototypage, selon ses contraintes et ses restrictions, mais aussi le guider vers les bons matériaux.
Ça leur permet aussi de réaliser le budget à prévoir pour le financement de leurs projets, pour les emplois, lever les fonds etc.
Enfin, ça leur donne aussi une timeline, une idée des normes à respecter en fonction du secteur d’activité dans lequel ils lancent leurs produits, et des délais nécessaires pour construire les outillages, valider les échantillons, faire des tests et ensuite lancer la première série et gérer la logistique.

Léa : Du coup selon toi, quelle est l’erreur ou quel est l’oubli que tu vois le plus souvent ?
Coralie : Je ne qualifierais pas ça d’une erreur ou d’un oubli, car les porteurs de projets ou petites startups en ont rarement conscience avant de solliciter le sous-traitant industriel.
Mais l’erreur, c’est souvent d’avoir déjà fait et validé le prototypage, réalisé le business plan, le financement, le dossier. Et c’est uniquement après qu’ils viennent me contacter. Seulement, je leur dis qu’on peut s’en occuper, mais que ce n’est pas tout à fait possible.
Par exemple, je pense à un projet en plasturgie où la pièce ne pouvait pas être faite en une fois. Il fallait la découper et la faire en deux ou trois morceaux, ce qui signifiait qu’il fallait la coller, vérifier que la colle allait être solide et tenir dans le temps, etc. Dans ces moments, on repart un peu à zéro. Pour un porteur de projet, ça peut être très frustrant parce qu’il a dépensé beaucoup d’argent et a perdu beaucoup de temps.
Léa : D’où l’intérêt d’essayer de contacter des prestataires, des partenaires comme vous le plus tôt possible.
Coralie : Exactement, c’est ça l’intérêt. Il faut surtout statuer dès le départ si le prototype peut être fait de façon industrielle, s’il est possible d’injecter 500 fois cette pièce à partir d’un moule, si c’est nécessaire.
Léa : Votre force, c’est que vous vous adaptez vraiment à chaque problématique, à chaque cas. Donc, vous avez vraiment la réponse individualisée par rapport à chaque projet.
Coralie : Oui, exactement. Chez QoCreators nous maitrisons toutes les façons de fabriquer un produit, que ce soit en plastique ou en métal. Ainsi, nous proposons la possibilité d’adapter et d’assembler ces multi-matériaux dans le cadre d’un projet qui a besoin de plus de matériaux. Nous pouvons donc garantir qu’avec le produit final, le client pourra tout assembler en un bloc, tout en protégeant donc l’identité et la propriété industrielle.
Léa : Est-ce que tu as un exemple par exemple de projets que vous avez accompagnés suite à la rencontre avec Transtech ou au salon I’NOV PRO ?
Coralie : Oui, il y a deux ans, j’ai rencontré donc Mr Bietrix, qui a été un porteur de projet toute sa vie, un innovateur qui a lancé plusieurs entreprises. C’est un « serial entrepreneur », qui a eu beaucoup de succès dans sa vie.
Il y a deux ans, je l’ai rencontré pour deux projets : le ramasse-feuilles et un parking pour trottinettes. Ces deux projets ont été lancés avec succès.
Pour le parking pour trottinettes, nous avons fait de l’amélioration en ingénierie pour que l’objet soit plus lourd, plus facile à fabriquer, et qu’il soit solide une fois placé sur le terrain. Nous lui avons fourni les plans, nous avons vérifié avec lui le budget pour que ce soit rentable et vendable. Mr Bietrix a reçu début juillet son premier container. (Crédits Image Midi Libre)
En ce qui concerne le ramasse-feuille, il avait fait des prototypes qui fonctionnaient. Par contre, il n’était pas tout à fait industrialisable. Nous avons onc refait des plans, des améliorations en ingénierie, lancé les moules, lancé des échantillons, ce qui lui a permis de tester les échantillons qui sont sortis des outillages. Là, il y a encore des améliorations, donc nous sommes en phase d’optimisation de ces échantillons.
Nous sommes également en contact avec d’autres inventeurs de Transtech, avec qui nous sommes au stade de pré-séries, en phase de tests ou encore en étape de cotation. Mais je vais garder tout ça confidentiel.
Léa : C’est vrai qu’avoir le contact des inventeurs que nous suivons vous permet de discuter de leur ambition, et parfois de voir que ce qu’ils avaient imaginé n’est pas réalisable ou fabricable tel quel. Parfois, ils sont vraiment pris la tête dans le guidon, et ne peuvent pas se rendre compte de certains écueils. Avec un regard extérieur et professionnel, ils prennent du recul, et c’est là l’importance de se tourner vers vous.
Coralie : Oui, parfois ça fait du bien de se poser sur une feuille blanche et de faire de simples calculs. La particularité de QoCreators, c’est qu’on travaille aussi beaucoup avec des grandes entreprises comme Sunrise Medical, Siemens ou encore Artemide. Ce sont des multinationales avec qui on développe beaucoup de projets à grande quantité. Et les connaissances qu’on met en place avec ces entreprises, je peux en faire profiter nos startups et nos porteurs de projets.
Léa : J’ai une question plutôt d’un point de vue environnemental et RSE. Cette année, c’est un peu le thème central d’I’NOV PRO et nous l’intégrons de plus en plus au sein de Transtech avec notre raison d’être. Comment tu guides les porteurs de projets dans une démarche de développement durable pour la fabrication de leurs produits ? Est-ce que c’est quelque chose qui est de plus en plus demandé ou que tu conseilles ?
Coralie : Oui, c’est une question qui est de plus en plus posée et j’en suis très contente. J’ai créé le RSE de QoCreators au deuxième trimestre de cette année. C’est très important de pouvoir fabriquer avec des produits recyclés et recyclables.
Je demande toujours quand je commence, lors de mes premières discussions avec les porteurs de projet, s’ils envisagent d’utiliser des produits recyclés. C’est très important de le signaler dès le départ dans le cahier des charges car toutes les matières premières en plastique, par exemple, ne sont pas forcément disponibles dans un état recyclable ou recyclé.
Hélas, les fabricants de matières premières en plastique sont un peu à la traîne. Ce n’est pas toujours facile de trouver ces matériaux, d’où l’importance de le mentionner.
Ensuite, nous pouvons nous adapter par rapport au cahier des charges pour répondre à ce besoin. Cela permet aussi de réduire grandement les émissions de carbone pendant la fabrication. Cette étape de réduction des émissions de carbone est prise très au sérieux auprès des usines en Chine, à Shanghai et Ningbo notamment.
Nous avons fait beaucoup d’efforts ces trois dernières années pour former les usines et pour leur expliquer l’impact que cela a sur les demandes en Europe, notamment en France.
La France est très précurseur dans ce domaine, bien plus que les autres pays en Europe. Donc, c’est en cours de mise en place. Beaucoup d’usines à Shanghai et Ningbo ont énormément réduit leurs émissions de carbone pendant la production. Le développement de toits en panneaux solaires est beaucoup plus important qu’en Europe.
Il est tout à fait possible de faire un transport logistique à émissions basses. Les transporteurs maritimes font également de gros efforts à ce niveau-là. On peut également faire livrer ses produits en train, qui se déplacent à l’électricité. Tout ce qui est aussi emballage recyclé et recyclable en carton est de plus en plus utilisé.
Donc oui, c’est tout à fait possible de produire un projet avec QoCreators qui s’ancre dans une démarche RSE et Green Label.
Léa : Est-ce une idée reçue que cela coûte plus cher de produire un produit dans cette démarche ? Est-ce qu’on a des choix à faire entre budget et environnement ?
Coralie : Ce n’est pas une idée reçue, car nous nous sommes rendu compte ces dernières années qu’effectivement, il n’est pas forcément plus économique de faire un produit avec des matières recyclées.
Certains matériaux sont moins chers, d’autres sont plus chers, car ayant déjà été fabriqués une fois, il faut les recycler, ce qui entraîne des coûts supplémentaires.
De plus, beaucoup de fabricants de matériaux bruts recyclés n’ont pas forcément effectué tous les tests nécessaires pour garantir la qualité et pérennité des produits.
Il faut que les porteurs de projets soient pionniers dans ce domaine et réalisent d’abord des tests pour garantir que cela va tenir. La législation européenne impose qu’un produit soit garanti au moins deux ans en Europe, donc il faut être sûr et certain qu’il tienne dans la durée.
Léa : Il s’agit donc d’un jonglage entre les valeurs personnelles et le budget que nous avons pour s’adapter.
Coralie : Oui, il faut choisir entre faire des compromis ou non, pour déterminer le prix de vente final. C’est une question de calcul. Il faut faire beaucoup de calculs, de marketing, des études de marché.

Léa : Pour conclure, as-tu un dernier mot pour nos lecteurs Coralie ?
Coralie : Je donnerai simplement le conseil d’aller visiter les usines dans lesquelles les porteurs de projets font fabriquer leurs produits.
Chez nous par exemple, une fois qu’on lance un projet en production en Chine, il est tout à fait possible après d’aller visiter ces usines directement. C’est même vivement conseillé, afin de se rendre compte de comment le produit est fabriqué. C’est ce que j’ai fait ces derniers mois avec un client, cela ouvre beaucoup les yeux. Ce n’est pas forcément différent de ce qu’on trouve en France, ils sont même très, très en avance.
En effet, il y a beaucoup plus de technologies disponibles en Chine par rapport à la France. Donc si vous en avez l’opportunité, foncez.
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