À la rencontre de Yves Ousten, bénévole de Transtech

Curieux, passionné et toujours avide de comprendre comment les choses fonctionnent, Yves Ousten a rejoint Transtech il y a un peu plus de deux ans. Professeur émérite à l’université de Bordeaux, spécialiste de physique appliquée et d’électronique, il apporte aujourd’hui son regard scientifique et son expérience aux porteurs de projets qu’il rencontre lors des rendez-vous de premier contact.

Un lien ancien avec Transtech

Même s’il n’a rejoint l’association que récemment, Yves connaissait déjà Transtech depuis longtemps. “Je connais Transtech depuis 40 ans”, raconte-t-il avec le sourire. À l’époque, Bernard Rufin, qu’il côtoyait à l’université, lui parle déjà de cette structure tournée vers les inventeurs et l’innovation. Mais entre sa carrière universitaire et ses engagements, Yves met cette idée de côté pendant plusieurs décennies.
Spécialiste de fiabilité des composants électroniques, il construit progressivement un parcours universitaire complet : assistant, maître de conférences, puis professeur. “J’ai beaucoup travaillé avec les industriels. Je suis un chercheur appliqué, plus qu’un chercheur fondamental.” Un parcours qui lui permet de développer une vision très concrète de l’innovation et des problématiques techniques.
C’est finalement en découvrant que Transtech existait toujours, quarante ans plus tard, qu’il décide de franchir le pas. “Je me suis inscrit directement sur internet pour devenir bénévole. Je me suis dit : je peux peut-être apporter quelque chose.”

Comprendre l’inventeur autant que l’invention

Au sein de Transtech, Yves intervient principalement lors des rendez-vous de prise de contact. Une mission qui lui correspond particulièrement : écouter, questionner, analyser et aider les inventeurs à prendre du recul sur leurs idées.

Car pour lui, inventer ne consiste pas seulement à trouver une solution technique. “L’inventeur veut résoudre un problème, alors il apprend, assemble des choses, améliore sans cesse son idée. Mais souvent, il ne s’arrête jamais.” Son rôle est alors d’aider à structurer la réflexion : savoir quand continuer à développer et quand commencer à concrétiser.

Cette approche, Yves la nourrit autant par son expérience professionnelle que par son histoire personnelle. Son grand-père, entrepreneur dans le Gers, inventait lui-même les machines utilisées dans son entreprise de fabrication de routes et d’enrobé. “Je connais un peu le personnage inventeur”, explique-t-il. “Je trouve intéressant de voir les inventeurs des temps modernes, leur manière de réfléchir, leur façon d’apprendre seuls.”

Le partage comme moteur d’engagement

Ce qui plaît particulièrement à Yves dans le bénévolat chez Transtech, ce sont les échanges. Avec les inventeurs bien sûr, mais aussi avec les autres bénévoles. “Ce sont des gens à l’écoute. On apprend beaucoup en voyant comment chacun travaille.”

Très attaché à la transmission, il encourage aussi les porteurs de projets à aller chercher l’information par eux-mêmes, à croiser les sources et à rester curieux. “Aujourd’hui, avec internet et l’IA, on peut apprendre énormément de choses. Il faut garder un esprit critique et toujours réfléchir.”

Au fil des rendez-vous, certains projets l’ont particulièrement marqué, comme celui de la pompe à vide développée par Mr. Humeau ou encore différents projets découverts à I’NOV PRO. Ce qu’il apprécie avant tout, c’est voir les idées évoluer et se concrétiser progressivement. “On voit des gens qui partent de presque rien et qui deviennent peu à peu experts de leur sujet. C’est passionnant.”

Une implication tournée vers l’avenir

Récemment entré au Conseil d’Administration de Transtech, Yves souhaite continuer à contribuer au développement de l’association, à son échelle. “J’aimerais apporter des idées et aider dans mes possibilités.”

Pour lui, Transtech joue un rôle essentiel : offrir un premier espace d’échange à ceux qui ont une idée, même encore floue. “Dès qu’on a une idée, ça vaut le coup de venir en parler. Même si elle n’est pas complètement formalisée.”